Diabète de type 1 et métiers interdits : une réglementation obsolète

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Diabète de type 1 et métiers interdits : une réglementation obsolète

Le diabète de type 1, ou diabète insulino-dépendant, est une maladie chronique qui nécessite une surveillance et un traitement réguliers. Cependant, malgré les avancées médicales et technologiques, certaines réglementations impliquent une liste de métiers interdits pour les personnes atteintes de diabète de type 1. Ces interdictions qui datent des années 1950 semblent aujourd’hui obsolètes face aux progrès de la prise en charge du diabète de type 1. Elles posent en conséquence la question de leur pertinence dans le monde actuel. Explications.

Liste des métiers interdits pour les diabétiques de type 1

Historiquement, plusieurs professions étaient interdites aux personnes atteintes de diabète de type 1. Parmi elles :

  • Les métiers de l’aviation civile (personnel navigant technique, contrôleur de la navigation aérienne) ;
  • Les fonctions au sein des armées et certaines écoles militaires ;
  • Les postes de sécurité (réseau ferré national, sapeur-pompier, police nationale, douanes) ;
  • Les métiers de la mer (marin, personnel navigant commercial) ;
  • Certaines professions d’ingénieurs (Ponts des Eaux et des Forêts, Mines, géographes).

Ces interdictions étaient fondées sur l’idée que l’état de santé du salarié pouvait mettre en danger lui-même, ses collègues ou nuire à l’exercice de ses fonctions. Par exemple, les postes nécessitant une très bonne acuité visuelle étaient déconseillés, car les problèmes de vue sont une complication fréquente du diabète.

Raisons des métiers interdits aux diabétiques

Si certains métiers sont interdits aux diabétiques, c’est en raison de plusieurs raisons concrètes :

  1. Gestion de la glycémie : Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent gérer activement leur glycémie tout au long de la journée, ce qui peut être difficile dans des métiers exigeants ou stressants. Une glycémie trop élevée (hyperglycémie) ou trop basse (hypoglycémie) peut entraîner des symptômes tels que des étourdissements, une confusion, une faiblesse, voire une perte de conscience, ce qui peut être dangereux dans certaines situations professionnelles.

  2. Exigences physiques : Certains métiers exigent une condition physique optimale et une grande résistance au stress. Les variations de la glycémie peuvent affecter la condition physique et la performance mentale, ce qui peut rendre certaines tâches plus difficiles à réaliser pour les diabétiques.

  3. Responsabilités en matière de sécurité : Dans certains métiers, une perte de conscience ou une diminution de la capacité de réaction due à une hypoglycémie ou à une hyperglycémie peut mettre en danger non seulement la personne atteinte de diabète, mais aussi ses collègues, les clients ou le public en général. Par exemple, un pilote, un conducteur de bus ou un aiguilleur du ciel doit être en mesure de réagir rapidement et efficacement en toutes circonstances.

  4. Horaires irréguliers : Certains métiers impliquent des horaires de travail irréguliers ou de longues périodes sans accès à de la nourriture, ce qui peut rendre la gestion de la glycémie particulièrement difficile.

  5. Accès limité aux soins : Certains métiers, notamment dans l’armée ou dans des zones reculées, peuvent limiter l’accès aux soins médicaux et aux fournitures nécessaires pour gérer le diabète, ce qui peut augmenter le risque de complications.

Il est important de noter que ces restrictions ne sont pas absolues et peuvent varier en fonction de l’équilibre du diabète, du traitement et de la capacité de la personne à gérer sa glycémie.

Évolution de la législation

Cependant, la législation a commencé à évoluer. En décembre 2021, la loi n°2021-1575 a été adoptée en France, supprimant la restriction d’accès à certaines professions en raison de l’état de santé. Cette loi, fruit de vingt ans de combat des associations de patients, s’aligne sur les progrès médicaux, scientifiques et technologiques.

L’article 1er de cette loi a permis la mise en place d’un comité interministériel chargé de recenser et d’évaluer les textes de loi nationaux et internationaux encadrant l’accès à la formation professionnelle et au marché du travail des personnes atteintes de maladies chroniques. L’objectif du comité est de proposer l’actualisation de ces textes en tenant compte des progrès médicaux.

L’article 2 stipule que l’accès à un emploi ou à une formation nécessitant des conditions de santé particulières doit être proportionné aux risques pour la santé et la sécurité de la personne elle-même et/ou des autres dans l’exercice de ses fonctions. Autrement dit, la capacité d’une personne à exercer un métier doit être déterminée au cas par cas via une évaluation médicale individuelle, et non plus en raison de la seule présence d’un diabète.

Les défis actuels

Bien que cette loi constitue une avancée significative, certaines difficultés persistent. Par exemple, certains métiers ne sont pas interdits mais peuvent être déconseillés, comme ceux impliquant un travail en hauteur, sur des machines dangereuses ou un travail isolé. De plus, il n’est pas obligatoire d’informer l’employeur ou le médecin du travail de son diabète, ce qui peut compliquer la gestion de la maladie au travail.

En outre, la mise en place de cette loi nécessite un suivi rigoureux et une réévaluation des textes en vigueur, un processus qui peut prendre du temps. En attendant, les personnes atteintes de diabète de type 1 peuvent encore rencontrer des obstacles dans l’accès à certains métiers ou formations.

L’adoption de la loi n°2021-1575 a marqué un tournant dans la reconnaissance des droits des personnes atteintes de maladies chroniques, y compris le diabète de type 1. Cependant, malgré cette avancée, des défis subsistent pour garantir un accès équitable à l’emploi pour tous. Il est donc nécessaire de continuer à travailler sur ce sujet, en tenant compte des progrès médicaux et technologiques, pour mettre fin à toute forme de discrimination dans le milieu professionnel.

Comment (1)

  • Tuhault Répondre

    Bonjour

    Mon petit fils de 22 ans voudrait faire une formation d’auxiliaire ambulancier, alors qu’il a un diabète de type 1 peut-il la faire pour devenir auxiliaire ambulancier par la suite.

    Merci pour votre réponse.

    Cordialement.

    Mme Tuhault

    8 octobre 2023 à 21h42

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